“Le manque d’égalité installe un dialogue de sourds entre le pouvoir et le peuple” (Mohamed Ly)

“Le manque d’égalité installe un dialogue de sourds entre le pouvoir et le peuple” (Mohamed Ly)

Pour remettre le Sénégal sur les rails et rétablir la confiance entre le pouvoir et le peuple, il faut absolument l’effectivité réelle de l’égalité des chances entre tous les citoyens de ce pays. C’est l’avis de Mohamed Ly, président du Think Tank IPODE. Pour ce dernier, la mise en œuvre de cette égalité des chances pour tous, et la remise de la République au cœur du dispositif de l’Etat devraient certainement repasser le tissu social déjà froissé.

S’il y a une urgence à mettre en avant dans notre pays c’est celle de remettre au cœur de nos politiques l’égalité des chances.

Ce n’est pas qu’un concept ou un slogan : l’égalité des chances…. Ça devrait être une politique d’Etat, inclusive

C’est cette égalité des chances qui permettra au pouvoir de renouer un lien fort avec la jeunesse de notre pays, avec le pays profond. Et il faudra qu’elle soit effective cette égalité des chances.

Pour ceux qui ne s’en rendent pas compte, dans notre pays on est dans un entre soi de l’élite à un niveau jamais égalé. Cet entre soi empêche l’effectivité de l’approche égalité des chances qui doit être un des piliers de l’idéal républicain.

Par ailleurs c’est ce manque d’égalité qui installe un dialogue de sourd entre le pouvoir et le peuple. Je parle de ce peuple sans relais dans l’Etat, sans ministre, sans DG, ni haut magistrat, sans hauts gradés, sans marabouts ni Sy, ni Mbacké, ni Tall ,ni Niasse, sans grand patron du privé. Ce peuple là ne peut voir les réalisations innombrables si ce n’est ce qui a été les quelques postes de l’Agence sécurité Nationale, pour ne pas dire qu’on les contente dans les postes précaires.

Bien sûr que beaucoup d’efforts ont été faits dans la politique d’emplois, dans l’accès aux soins, dans la fiscalité du travail…. Mais tout cet effort est anéanti à cause de l’entre soi !
Dans certaines familles on trouve des stages a tour de bras pour ses enfants, neveux et nièces…on en a même en stock pour les alliés… au même moment qu’il y a des jeunes brillants, formés et dans de beaux curricula qui n’obtiennent même pas d’entretiens. La majorité est juste hors circuit. Les opportunités ne sont pas partagés. « Baadola yi » gno soneu en réalité …

Et pour revenir à l’égalité des chances il y a des moyens et des outils pourtant éprouvés et efficaces pour le rendre effectif dans notre pays.
Les tenants du pouvoir public devraient s’y intéresser. Comme cela, le fruit des efforts consentis par le pays tout entier sous l’impulsion du President de la République, puisse infuser dans toutes les couches de la société. Il faut que l’espérance arrive à transpercer les barrières étanches érigées par une certaine élite égoïste et nombriliste qui est frileuse à la competition républicaine ! Cet entre soi excessif est contre productif et produit une exclusion insupportable humainement et du point de vue social.

En ces temps qui courent, la plus grande reforme que ce pays devrait entreprendre est une reforme immatérielle, celle qui serait de remettre la République au cœur de notre dispositif d’Etat par la promotion de l’égalité des chances et la réparation de notre ascenseur social. Nous en appelons à la recréation et à la sublimation du rôle de l’école dans son rôle d’ascenseur social de premier plan.

Mohamed Ly
Président du Think Tank IPODE

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